
QuestionRelu par Hugo Berton
Sous-traitance : contrat, attestation de vigilance et responsabilité
Sous-traitance : contrat écrit, attestation de vigilance Urssaf dès 5 000 € et tous les 6 mois, responsabilité du donneur d'ordre envers son client.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
En sous-traitance, l'artisan qui donne l'ordre reste responsable devant son client, rappelle la fiche du service public vérifiée le 27 juin 2026. Le contrat écrit n'est pas obligatoire, mais il fixe le prix, les délais et les garanties. L'attestation de vigilance Urssaf, elle, se demande dès 5 000 € et tous les 6 mois : sans elle, le donneur d'ordre paie solidairement les cotisations d'un sous-traitant condamné pour travail dissimulé.
- 5 000 €montant de contrat à partir duquel l'attestation de vigilance Urssaf doit être demandée au sous-traitant, puis tous les 6 mois
- 1 moisdélai après mise en demeure au-delà duquel le sous-traitant impayé peut agir directement contre le maître d'ouvrage
Sous-traitance : qui répond de quoi
La fiche « Recourir à la sous-traitance » d'Entreprendre Service Public, vérifiée le 27 juin 2026, définit l'opération : une entreprise, le donneur d'ordre, confie à une autre une partie des actes de production ou de services « dont elle demeure responsable ».
La conséquence est directe pour un artisan du bâtiment : le donneur d'ordre est responsable envers le client des fautes commises par le sous-traitant pendant les travaux. La fiche prend l'exemple d'une maison dont le réseau électrique, posé par un sous-traitant, est défectueux et endommage l'immeuble : c'est le donneur d'ordre qui répare, quitte à se retourner ensuite contre son sous-traitant.
Le contrat n'est pas obligatoire, ce qu'il contient l'est
Écrire un contrat de sous-traitance « n'est pas obligatoire, mais s'avère indispensable pour assurer une sécurité juridique optimale ». La fiche énumère ce qu'il doit porter : objet de la mission, prix, clause d'indexation ou de renégociation, délais de paiement et pénalités de retard, livraison, sanction du non-respect des délais, contrôle et réception, garanties, confidentialité, propriété intellectuelle, clause sur le travail dissimulé, dates, tribunal compétent.
Une mention décide de la suite en cas de litige : le contrat détermine si le sous-traitant a une obligation de moyen — mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose — ou une obligation de résultat, qui l'engage sur un résultat « précis, concret et déterminé au contrat ». Les mentions à porter sur la facture qui suivra sont sur notre page dédiée.
L'attestation de vigilance, tous les 6 mois
Au titre de la lutte contre le travail dissimulé, le donneur d'ordre doit réclamer des documents à la conclusion du contrat, puis tous les 6 mois jusqu'à la fin de son exécution.
Ne pas les réclamer a un prix : le donneur d'ordre qui a manqué à son obligation de vigilance est tenu solidairement avec un sous-traitant condamné pour travail dissimulé au paiement des impôts, taxes, cotisations obligatoires et rémunérations. Comment l'obtenir et la vérifier : notre page sur l'attestation de vigilance.
| Document | Quand |
|---|---|
| attestation de vigilance Urssaf | pour tout contrat supérieur ou égal à 5 000 €, à la conclusion puis tous les 6 mois |
| extrait K ou Kbis, justificatif d'immatriculation au RNE, devis ou correspondance professionnelle portant nom, adresse complète et numéro d'immatriculation, ou accusé de réception électronique du greffe | quand l'immatriculation au RCS ou au RNE est obligatoire, ou pour une profession réglementée |
Payer le sous-traitant, sinon il s'adresse au client
Le donneur d'ordre s'engage à payer le sous-traitant selon le contrat, et à collaborer pour qu'il puisse travailler dans de bonnes conditions. S'il ne paie pas dans le mois qui suit une mise en demeure, le sous-traitant peut agir directement contre le maître de l'ouvrage — le client final — pour obtenir ce qui lui est dû, en vertu de l'article 12 de la loi du 31 décembre 1975.
Côté TVA, les travaux sous-traités en bâtiment relèvent de l'autoliquidation : voir notre page sur l'autoliquidation en sous-traitance, et la facture électronique en sous-traitance pour la transmission.
Ce qui change d'ici le 27 décembre 2026
La fiche annonce un renforcement de l'obligation de vigilance, applicable après la parution d'un décret et « au plus tard le 27 décembre 2026 » : vérification périodique jusqu'à la fin du contrat, sur la base de documents que le décret précisera, et extension aux sous-traitances « en cascade » — le donneur d'ordre devra vérifier tous les sous-traitants qui interviennent, pas seulement le sien.
Dans le même mouvement, quand un sous-traitant de second rang sera condamné pour travail illégal, le donneur d'ordre pourra être tenu au paiement de ses impôts et cotisations.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite ni la sous-traitance en marché public, qui a ses propres règles de paiement direct, ni le montant des sanctions du travail illégal. Les documents exacts du futur décret ne sont pas connus : la fiche dit qu'ils « seront précisés par décret ». Fiche vérifiée le 27 juin 2026, lue le 14 septembre 2026.
Questions fréquentes
Un contrat de sous-traitance est-il obligatoire ?
Non : la fiche du service public indique que sa rédaction n'est pas obligatoire, mais qu'elle est indispensable pour la sécurité juridique. Elle liste les mentions à y porter, du prix au tribunal compétent.
À partir de quel montant faut-il l'attestation de vigilance ?
Pour tout contrat supérieur ou égal à 5 000 €. Elle se demande à la conclusion du contrat, puis tous les 6 mois jusqu'à la fin de son exécution.
Que risque un artisan qui ne demande pas ces documents ?
S'il a manqué à son obligation de vigilance et que le sous-traitant est condamné pour travail dissimulé, il est tenu solidairement du paiement des impôts, taxes, cotisations obligatoires et rémunérations.
Le sous-traitant impayé peut-il se retourner contre le client ?
Oui. Si le donneur d'ordre ne paie pas dans le mois suivant une mise en demeure, le sous-traitant peut agir directement contre le maître d'ouvrage pour les sommes dues au titre du contrat de sous-traitance.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Recourir à la sous-traitance (vérifiée le 27 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026