
QuestionRelu par Hugo Berton
Contrat d'extra (CDD d'usage) : secteurs, durée, salaire, requalification
Contrat d'extra ou CDD d'usage : secteurs autorisés dont l'hôtellerie-restauration, écrit par mission, durées maximales, salaire, congés, requalification en CDI.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Le contrat d'extra, ou CDD d'usage, permet d'embaucher un salarié pour quelques heures ou quelques jours dans les secteurs où le CDI n'est pas l'usage, comme l'hôtellerie-restauration. Il faut un écrit précisant le motif pour chaque mission, sans prime de précarité ni délai de carence, mais avec un salaire au moins égal à celui d'un salarié en CDI équivalent et une indemnité de congés payés. En hôtellerie-restauration, plus de 60 jours par trimestre dans le même établissement peuvent entraîner une requalification en CDI. Fiche Service Public vérifiée le 4 décembre 2025.
- 60 jourstravail par trimestre dans le même établissement au-delà duquel un extra en hôtellerie-restauration peut être requalifié en CDI
- 52 heuresdurée maximale sur une semaine pour un salarié en contrat d'extra, 50 heures en moyenne sur 12 semaines
- 3 750 €amende encourue par l'employeur, 7 500 € et 6 mois d'emprisonnement en récidive, montants multipliés par 5 pour une personne morale
Contrat d'extra : les conditions de recours
D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 4 décembre 2025, le contrat d'extra, ou CDD d'usage, est un CDD particulier qui permet d'embaucher un salarié pour une tâche précise et temporaire, le temps d'une mission de quelques heures, d'une journée ou de plusieurs journées consécutives, pour un besoin ponctuel et immédiat sur un poste spécifique. Trois conditions sont cumulatives : un secteur qui l'autorise, un usage constant de ne pas y recourir au CDI et un emploi par nature temporaire, le salarié n'étant présent que de façon occasionnelle et irrégulière. Il ne se confond ni avec le temps partiel ni avec l'intérim, où le salarié travaille régulièrement.
Hors des secteurs listés, ou de ceux couverts par une convention collective ou un accord de branche étendu, le CDD d'usage n'est pas permis.
| Secteur, extrait de la liste | CDD d'usage | Intérim |
|---|---|---|
| hôtellerie, restauration | oui | oui |
| activité foraine | oui | non |
| spectacle, action culturelle | oui | oui |
| centres de loisirs et de vacances | oui | oui |
| déménagement | oui | oui |
| enseignement | oui | oui |
| sport professionnel | oui | oui |
| assistance technique ou logistique dans les institutions internationales ou l'Union européenne | non | oui |
Formalités, durée du travail et salaire
Comme tout CDD, le contrat d'extra est écrit et définit précisément son motif, faute de quoi il peut être requalifié en CDI ; un contrat est établi pour chaque mission, avec les formalités d'embauche habituelles. Les durées minimale et maximale suivent les usages du secteur, dans des limites de présence : par exemple 11 heures par jour pour un cuisinier, 12 heures pour un veilleur de nuit, 11 heures 30 pour les autres salariés, 52 heures sur une semaine et 50 heures en moyenne sur 12 semaines.
Le salaire ne peut être inférieur ni au minimum conventionnel de la catégorie ni à la rémunération d'un salarié en CDI de qualification équivalente occupant les mêmes fonctions dans l'entreprise. L'extra est payé à chaque intervention, ou avec l'accord de l'employeur par semaine, quinzaine ou mois, et un bulletin récapitulatif est possible pour un contrat de moins d'un mois. Il reçoit une indemnité compensatrice de congés payés en fin de contrat. Écart relevé tel quel : pour vérifier ce que prévoit la convention collective, la fiche renvoie à un simulateur consacré au recrutement en CDI de chantier.
Fin du contrat et requalification en CDI
La fin du contrat d'extra ne donne pas droit à l'indemnité de précarité, sauf convention ou accord collectif, et aucun délai de carence n'est exigé entre contrats successifs, avec le même salarié ou sur le même poste. Le contrat peut être requalifié en CDI si le secteur n'autorise pas cet usage ou si ses conditions d'exécution ne sont pas respectées, par exemple au-delà de 60 jours de travail dans un trimestre dans le même établissement en hôtellerie-restauration. Le salarié saisit le conseil de prud'hommes ; le contrat devient alors un CDI dès la signature du premier contrat d'extra, avec une indemnité d'au moins 1 mois de salaire. L'employeur encourt 3 750 € d'amende, 7 500 € et 6 mois d'emprisonnement en récidive ; pour une personne morale, 18 750 € et 37 500 €, soit 5 fois plus, ce que notre calcul confirme.
Ce que cela change pour l'artisan
Notre lecture, pour un restaurateur qui renforce son service le week-end : un contrat écrit par mission avec un motif précis, et un suivi du nombre de jours travaillés par chaque extra sur le trimestre. Notre calcul : 60 jours sur un trimestre de 13 semaines représentent plus de 4 jours par semaine en moyenne. Voir notre page sur le Smic, notre page sur la période d'essai et notre page sur l'ouverture d'un restaurant.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne reprend pas la liste complète des secteurs, ni les règles propres à l'intérim d'usage, ni les formalités de déclaration préalable à l'embauche. Fiche vérifiée le 4 décembre 2025, lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un contrat d'extra ?
Un CDD d'usage conclu pour une mission de quelques heures ou quelques jours, dans un secteur où le CDI n'est pas l'usage, pour un besoin ponctuel et immédiat.
Un restaurant peut-il embaucher en contrat d'extra ?
Oui, l'hôtellerie-restauration fait partie des secteurs où le CDD d'usage est autorisé, à condition de rédiger un contrat écrit par mission.
L'extra touche-t-il la prime de précarité ?
Non, sauf si une convention ou un accord collectif la prévoit ; il perçoit en revanche une indemnité compensatrice de congés payés.
Quand un contrat d'extra est-il requalifié en CDI ?
Si le secteur n'autorise pas ce contrat, si le motif manque ou si ses conditions ne sont pas respectées, par exemple plus de 60 jours par trimestre en hôtellerie-restauration.
Combien d'heures peut travailler un extra ?
Selon les exemples de la fiche, 11 heures par jour pour un cuisinier, 12 heures pour un veilleur de nuit, et 52 heures sur une semaine au plus.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Embauche en contrat d'extra (CDD d'usage) (vérifiée le 4 décembre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026