
QuestionRelu par Hugo Berton
Fortes chaleurs sur un chantier : obligations de l'employeur et de l'artisan
Fortes chaleurs : aucune température maximale légale, 3 litres par jour sur chantier, réévaluation quotidienne en vigilance rouge, arrêt des travaux et aides.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
Le Code du travail ne fixe aucune température maximale, mais par fortes chaleurs l'employeur doit fournir de l'eau potable et fraîche, protéger les salariés travaillant dehors et réévaluer les risques dès que les seuils de vigilance Météo-France sont atteints, chaque jour en vigilance rouge. Sur un chantier sans eau courante, il prévoit au moins 3 litres par jour par travailleur, et il arrête les travaux si les mesures sont insuffisantes. Ces mesures valent aussi pour les travailleurs indépendants sur les chantiers, selon la fiche vérifiée le 30 juin 2026.
- 3 litresquantité minimale d'eau par jour et par travailleur quand l'eau courante est impossible à installer sur le chantier
- 28 °Cseuil de vigilance retenu par l'INRS pour le travail en extérieur, contre 30 °C pour un travail de bureau
Fortes chaleurs : pas de température maximale, mais une obligation d'agir
La fiche Entreprendre Service Public « Fortes chaleurs : obligations de l’entreprise et mesures de soutien », vérifiée le 30 juin 2026 et lue le 14 septembre 2026, commence par une précision souvent ignorée : le Code du travail ne fixe aucune température maximale au-delà de laquelle le travail serait interdit. Pour l'INRS, « le seuil de vigilance se situe à 30 °C pour un travail de bureau et 28 °C en extérieur. »
L'absence de plafond ne dispense de rien : « L’employeur doit toutefois intégrer ce risque dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, suivre l’évolution des conditions météorologiques et ajuster les mesures de prévention en conséquence. » En permanence, il doit « Fournir aux salariés de l’eau potable et fraîche pour leur permettre de se désaltérer et de se rafraîchir » et « Mettre en place des mesures de protection contre les conditions climatiques pour les salariés travaillant à l’extérieur ».
Deux publics sont protégés en priorité : l'employeur doit « Évaluer les postes et ne pas affecter de jeunes à des travaux les exposant à des températures extrêmes risquant de nuire à leur santé », et « Affecter temporairement une salariée enceinte à un autre poste lorsque la chaleur rend le poste initial risqué ».
Jaune, orange, rouge : ce que change chaque vigilance
Le dispositif renforcé repose sur les seuils de vigilance de Météo-France, fixés par l'« Arrêté du 27 mai 2025 relatif à la détermination des seuils de vigilance pour canicule dans le cadre de la protection des travailleurs contre les risques liés aux épisodes de chaleur intense ». Quand ils sont atteints, « l’employeur doit réévaluer les risques encourus par ses salariés, avec l’aide des représentants du personnel. »
| Vigilance | Définition de la fiche | Conséquence pour l'employeur |
|---|---|---|
| jaune | « Vigilance jaune : pic de chaleur », exposition sur 1 à 2 jours | réévaluer les risques et adapter la prévention |
| orange | « Vigilance orange : période de canicule » | réévaluer les risques ; activité partielle et récupération des heures possibles |
| rouge | « Vigilance rouge : période de canicule extrême » | « c’est chaque jour que l’employeur doit procéder à une réévaluation des risques. » |
Sur un chantier du BTP : horaires, eau, repos, arrêt
Le BTP est désigné comme secteur à vigilance renforcée. L'employeur « doit évaluer les risques et, si besoin, reporter l’activité, adapter les horaires (commencer plus tôt, finir plus tard, éviter les heures les plus chaudes). » Il met à disposition « Un lieu de repos abrité de la chaleur », « Des aides à la manutention » et des vêtements adaptés.
Pour l'eau, un chiffre : quand l'eau courante est impossible, « la quantité d'eau mise à disposition est d'au moins 3 litres par jour par travailleur ». Les documents de chantier sont concernés : le plan général de coordination et le plan particulier de sécurité « doivent tenir compte des risques liés à l’exposition aux épisodes de chaleur intense. » Et la limite ultime est posée : « Si les mesures prises sont insuffisantes, l’employeur doit arrêter les travaux. »
Point clé pour l'artisan seul sur son chantier : « Les mesures de prévention prévues pour les salariés sont applicables aux travailleurs indépendants », notamment sur les « chantiers de bâtiment et de génie civil ». Et le contrôle existe : « L'inspection du travail peut mettre en demeure l'employeur de prendre les mesures ou actions de prévention contre les risques professionnels liés aux épisodes de chaleur intense. »
Activité arrêtée : les dispositifs de soutien
En vigilance orange ou rouge, trois dispositifs peuvent être activés : la « Récupération des heures perdues pour cause d’intempéries », le « Recours au dispositif d’activité partielle », et l'« Indemnisation en cas d’arrêt de travail du fait des intempéries pour les entreprises du BTP. » La déclaration d'arrêt pour intempéries est détaillée sur notre page sur les déclarations de l'employeur.
Côté trésorerie, « Les employeurs peuvent demander un report de leurs échéances de cotisations » auprès de l'Urssaf. Les travailleurs indépendants peuvent aussi demander un report, une modulation, ou les « Aides d’action sociale du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) » via le « Formulaire d'aide financière exceptionnelle (AFE) ».
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne détaille ni les fiches sectorielles de l'INRS, ni les règles d'activité partielle, ni les conditions d'indemnisation intempéries. Le risque chaleur s'inscrit dans le document unique d'évaluation des risques ; l'aménagement des locaux est traité sur notre page sur les lieux de travail. Fiche vérifiée le 30 juin 2026, lue le 14 septembre 2026.
Questions fréquentes
Existe-t-il une température maximale pour travailler ?
Non, le Code du travail n'en fixe pas. L'INRS situe le seuil de vigilance à 28 °C en extérieur et 30 °C pour un travail de bureau, et l'employeur doit adapter la prévention.
Combien d'eau fournir sur un chantier par forte chaleur ?
De l'eau potable et fraîche en permanence et, quand l'eau courante est impossible, au moins 3 litres par jour par travailleur, davantage si l'effort physique l'exige.
Faut-il arrêter un chantier pendant une canicule ?
L'employeur doit évaluer les risques, adapter les horaires ou reporter l'activité, et arrêter les travaux si les mesures prises sont insuffisantes.
Un artisan seul sur son chantier est-il concerné ?
Oui : la fiche précise que les mesures de prévention prévues pour les salariés s'appliquent aux travailleurs indépendants sur les chantiers de bâtiment et de génie civil.
Quelles aides si l'activité s'arrête ?
Récupération des heures perdues, activité partielle, indemnisation intempéries pour le BTP, report de cotisations Urssaf, et pour les indépendants modulation ou aide financière exceptionnelle du CPSTI.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Fortes chaleurs : obligations de l'entreprise et mesures de soutien (vérifiée le 30 juin 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026