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Jaquette de la page « Procédure collective du locataire : que devient le bail commercial » : Procédure

QuestionRelu par Hugo Berton

Procédure collective du locataire : que devient le bail commercial

Procédure collective du locataire : poursuite du bail commercial, résiliation par l'administrateur ou le bailleur après 3 mois d'impayés, cession du bail.

Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 15 septembre 2026

En bref

En cas de procédure collective du locataire, sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire, le bail commercial continue en principe, même avec des loyers impayés, et aucune clause ne peut prévoir sa résiliation automatique. L'administrateur, le liquidateur ou à défaut le locataire avec l'accord du mandataire décide de son sort. Le bailleur déclare ses loyers antérieurs dans les 2 mois suivant la publication au Bodacc et peut faire constater la résiliation si les loyers ne sont pas payés 3 mois après le jugement. Fiche Service Public vérifiée le 17 juillet 2026.

  • 2 moisdélai du bailleur pour déclarer ses loyers impayés antérieurs, à compter de la publication du jugement d'ouverture au Bodacc
  • 3 moisaprès le jugement d'ouverture, loyers et charges toujours impayés permettent au bailleur de faire constater la résiliation
  • 3 ansdurée maximale de la garantie solidaire du cédant, écartée quand le bail est cédé dans la procédure

Procédure collective du locataire : le bail continue

D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 17 juillet 2026, l'ouverture d'une sauvegarde, d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire n'a en principe pas de conséquence sur le bail commercial, qui se poursuit même si des loyers antérieurs restent impayés ; le contrat ne peut pas prévoir sa résiliation automatique pour ce motif. Les poursuites individuelles sont suspendues : le bailleur ne peut plus réclamer directement ces loyers et doit déclarer sa créance au mandataire judiciaire dans les 2 mois suivant la publication du jugement d'ouverture au Bodacc.

Pour être poursuivi, le bail doit être en cours, donc ni résilié à l'amiable avant l'ouverture ni par une décision judiciaire définitive, et le locataire doit avoir la trésorerie nécessaire pour payer les loyers.

Qui décide de poursuivre le bail

Personne n'est tenu de prévenir le bailleur de la poursuite ; il peut adresser une mise en demeure au locataire, à l'administrateur ou au liquidateur, mais l'absence de réponse n'entraîne pas la résiliation. Le bail continue aux conditions d'avant le jugement, loyer et destination compris, et le bailleur ne peut pas s'y opposer malgré les arriérés. L'administrateur qui poursuit sans les fonds pour payer engage sa responsabilité civile professionnelle.

Écart relevé tel quel : la fiche formule trois fois le seuil qui rend l'administrateur obligatoire, plus de 20 salariés et un chiffre d'affaires hors taxes supérieur à 3 000 000 € dans sa définition, au moins 20 salariés et plus de 3 millions € dans son encadré, plus de 20 salariés et au moins 3 millions € pour la liquidation.

SituationQui décide selon la fiche
sauvegarde ou redressement avec administrateurl'administrateur judiciaire, seul
sauvegarde ou redressement sans administrateurle locataire, avec l'accord du mandataire judiciaire
désaccord entre locataire et mandatairele juge-commissaire, saisi par toute personne intéressée
liquidation judiciairele liquidateur judiciaire
liquidation avec administrateur désignél'administrateur judiciaire
Entreprendre Service Public, « Que devient le bail commercial lorsque le locataire est en procédure collective ? », fiche vérifiée le 17 juillet 2026, lue le 15 septembre 2026.

Résiliation : administrateur, liquidateur ou bailleur

L'administrateur peut résilier à tout moment sans justification, même si les loyers peuvent être payés, et doit le faire si les fonds manquent ; le bail prend fin le jour où le bailleur est informé, et tarder engage sa responsabilité. Le liquidateur suit la même règle, y compris pour un bail qu'il avait d'abord poursuivi.

Le bailleur peut exiger la résiliation si loyers et charges ne sont pas payés 3 mois après le jugement d'ouverture : le juge-commissaire la constate sans pouvoir accorder de délais, mais un paiement dans ces 3 mois l'empêche. Pour un autre manquement antérieur au jugement, comme un défaut d'entretien, il agit en justice dans les 3 mois de la publication du jugement au Bodacc.

Cession du bail dans la procédure

En redressement ou en liquidation, le tribunal peut arrêter un plan de cession : il retient l'offre qui assure le plus durablement l'emploi et le paiement des créanciers, et le bail y est en principe inclus, aux conditions du jour de l'ouverture. Les clauses d'accord écrit du bailleur et de garantie solidaire, limitée à 3 ans, ne s'appliquent pas, ni le droit de préemption de la commune. Hors plan, en liquidation, le juge-commissaire ordonne une vente aux enchères ou autorise une vente de gré à gré ; l'agrément du bailleur prévu au bail et la préemption communale s'appliquent alors, la garantie solidaire non.

Écart relevé entre deux fiches : celle-ci écrit que les tribunaux de commerce et les tribunaux judiciaires de 12 villes sont remplacés depuis le 1er janvier 2025 par des tribunaux des activités économiques ; la fiche sur le renouvellement du bail, vérifiée le 10 octobre 2025, parle des seuls tribunaux de commerce, à titre d'expérimentation jusqu'au 31 décembre 2028.

Ce que cela change pour l'artisan

Notre lecture, pour un boulanger locataire placé en redressement : le bail ne tombe pas à l'ouverture, mais des loyers et charges restés impayés 3 mois après le jugement ouvrent la résiliation au bailleur ; côté bailleur, les loyers d'avant le jugement se déclarent dans les 2 mois. Voir notre page sur la sauvegarde et le redressement, notre page sur la liquidation judiciaire et notre page sur la location-gérance.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne traite ni de la procédure collective du bailleur, ni du sort des autres contrats en cours, ni du calcul des créances. Fiche vérifiée le 17 juillet 2026, lue le 15 septembre 2026.

Questions fréquentes

La procédure collective met-elle fin au bail commercial ?

Non, le bail continue en principe, même avec des loyers impayés, et le contrat ne peut pas prévoir une résiliation automatique pour ce motif.

Qui décide de poursuivre le bail en redressement judiciaire ?

L'administrateur judiciaire seul, ou, sans administrateur, le locataire avec l'accord du mandataire judiciaire ; le juge-commissaire tranche un désaccord.

Comment le bailleur récupère-t-il les loyers d'avant le jugement ?

Par une déclaration de créances auprès du mandataire judiciaire, dans les 2 mois suivant la publication du jugement d'ouverture au Bodacc.

Quand le bailleur peut-il obtenir la résiliation ?

Si loyers et charges ne sont pas payés 3 mois après le jugement d'ouverture, par constat du juge-commissaire, ou en justice dans les 3 mois pour un autre manquement antérieur.

Le bail peut-il être cédé pendant une liquidation ?

Oui, dans un plan de cession sans clause d'agrément ni garantie solidaire, ou isolément avec l'autorisation du juge-commissaire en respectant l'agrément du bailleur.

Sources consultées

  1. Entreprendre Service Public — Que devient le bail commercial lorsque le locataire est en procédure collective ? (vérifiée le 17 juillet 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026
  2. Entreprendre Service Public — Renouvellement ou prolongation tacite du bail commercial (vérifiée le 10 octobre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026

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