
QuestionRelu par Hugo Berton
Restructuration du PGE : rééchelonner jusqu'à 10 ans avec la médiation
Restructuration du PGE : trois conditions, dossier de médiation du crédit, seuil de 50 000 €, prolongation de 2 ou 4 ans jusqu'à 10 ans au total.
Par Hugo Berton · · 3 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Restructuration du PGE : une entreprise qui ne peut plus rembourser son prêt garanti par l'État peut demander à le rééchelonner si un expert-comptable ou un commissaire aux comptes confirme ses difficultés, si elle n'est pas en cessation des paiements et si elle n'a jamais obtenu de restructuration. En cas d'accord, le remboursement est prolongé de 2 ou 4 ans au-delà des 6 ans initiaux, soit jusqu'à 10 ans. Jusqu'à 50 000 €, le dossier passe par la banque puis la médiation du crédit. Fiche Service Public vérifiée le 3 octobre 2025.
- 10 ansdurée maximale de remboursement d'un PGE restructuré, contre 6 ans à l'origine
- 50 000 €seuil au-delà duquel l'entreprise passe d'abord par le conseiller départemental aux entreprises en difficulté
- 48 heuresdélai dans lequel le médiateur du crédit vérifie la recevabilité de la demande
Restructuration du PGE : de quel prêt parle-t-on ?
Le prêt garanti par l'État a été ouvert pendant l'épidémie de Covid-19, puis décliné en PGE Résilience au début du conflit en Ukraine. Accordés par les banques avec une garantie partielle de l'État, ces prêts comportaient un différé de remboursement d'au moins un an et doivent être remboursés en 6 ans au plus à compter de leur octroi. D'après la fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 3 octobre 2025, il n'est plus possible d'obtenir un PGE depuis le 30 juin 2022, et le PGE Résilience a pris fin le 31 décembre 2023.
Conséquence, par simple calcul de dates : un PGE accordé en 2020 atteint ses 6 ans maximum en 2026. C'est souvent au moment des dernières échéances, quand le carnet de commandes ralentit, qu'un artisan découvre la restructuration.
Trois conditions à remplir
Les conditions viennent d'un accord de place signé entre l'État, la Banque de France et les banques membres de la Fédération bancaire française. Il faut les remplir toutes : rencontrer des difficultés de trésorerie et de remboursement à venir, confirmées par un expert-comptable ou un commissaire aux comptes ; ne pas être en cessation des paiements, la restructuration devant constituer une solution de redressement ; ne pas avoir déjà bénéficié d'une restructuration. La demande peut aussi porter sur les autres prêts que l'entreprise peine à rembourser.
Jusqu'à 50 000 € : la banque, puis la médiation du crédit
L'entreprise fait d'abord le point avec sa banque sur sa capacité à rembourser son PGE et ses autres crédits. Si la situation le justifie, la banque l'oriente vers le médiateur du crédit aux entreprises, et l'entreprise dépose un dossier en ligne. Un tiers de confiance bénévole peut l'aider à le préparer et l'accompagner pendant la médiation.
| Pièce à joindre au dossier de médiation | Ce qu'elle prouve |
|---|---|
| attestation d'un expert-comptable ou d'un commissaire aux comptes | l'entreprise n'est pas en cessation des paiements et ne peut pas rembourser ses échéances de PGE |
| plan de trésorerie à 12 mois | la trajectoire de trésorerie |
| état des dettes fiscales et sociales | le passif public |
| document attestant la capacité de rebond | par exemple le carnet de commandes |
| justificatif de la banque | elle a été contactée et oriente l'entreprise vers la médiation |
Au-delà de 50 000 € : le conseiller départemental
Au-dessus de ce montant, l'entreprise contacte d'abord le conseiller départemental aux entreprises en difficulté. Il l'oriente soit vers la médiation du crédit, avec le même dossier, soit vers le tribunal de commerce, où elle peut demander l'ouverture d'une conciliation, la nomination d'un mandataire ad hoc ou l'ouverture d'une procédure collective.
Ce que l'accord change, et ce qui se passe sans accord
Dans les 48 heures suivant la saisine, le médiateur vérifie la recevabilité de la demande, puis recherche un accord avec les banques. S'il aboutit, le remboursement est prolongé de 2 ou 4 années par rapport à l'échéancier initial : « Le rééchelonnement du PGE peut donc s'étendre jusqu'à 10 ans. » L'entreprise peut aussi obtenir l'étalement de ses autres crédits et ne pas payer de prime de garantie sur la durée supplémentaire. Banque et entreprise signent alors un avenant au PGE.
Sans accord, le remboursement du PGE n'est pas rééchelonné.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne décrit ni le taux ni la prime de garantie d'un PGE en cours, qui dépendent du contrat, ni le déroulement d'une conciliation. Pour repérer les difficultés avant l'échéance, voir notre page sur les signaux d'alerte financiers ; si des associés renflouent la société, notre page sur le compte courant d'associé. Fiche lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Peut-on encore obtenir un PGE en 2026 ?
Non. Le PGE n'est plus accordé depuis le 30 juin 2022 et le PGE Résilience a pris fin le 31 décembre 2023, selon la fiche Service Public vérifiée le 3 octobre 2025.
Jusqu'à combien d'années un PGE peut-il être rééchelonné ?
Jusqu'à 10 ans au total : l'accord de médiation prolonge de 2 ou 4 ans l'échéancier initial de 6 ans.
Une entreprise en cessation des paiements peut-elle restructurer son PGE ?
Non. Ne pas être en cessation des paiements fait partie des conditions, attestée par un expert-comptable ou un commissaire aux comptes.
Faut-il passer par sa banque ?
Pour un PGE de 50 000 € ou moins, oui : la banque fait le point puis oriente vers la médiation du crédit. Au-delà, l'entreprise contacte le conseiller départemental aux entreprises en difficulté.
Peut-on restructurer son PGE deux fois ?
Non : ne pas avoir déjà bénéficié d'une restructuration du ou des PGE est l'une des conditions.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Prêt garanti par l'État (PGE) et PGE Résilience (vérifiée le 3 octobre 2025)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026