
QuestionRelu par Hugo Berton
Compte courant d'associé : avance, intérêts et remboursement en 2026
Compte courant d'associé : avance à la société, intérêts déductibles jusqu'à 4,33 % en 2026, remboursement, blocage et compte débiteur interdit.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 15 septembre 2026
En bref
Compte courant d'associé : c'est l'argent qu'un associé ou un dirigeant laisse à la disposition de sa société, analysé comme un prêt qui fait de lui un créancier. Il n'existe pas en entreprise individuelle. Remboursable à tout moment sauf blocage, il peut porter des intérêts, déductibles jusqu'au taux de référence : 4,33 % pour un exercice de 12 mois clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026. Un associé personne physique de SARL ne peut pas avoir un compte débiteur. Fiche Service Public vérifiée le 3 juillet 2026.
- 4,33 %taux maximal d'intérêts déductibles pour un exercice de 12 mois clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026
- 2 anslimite des délais de paiement que la société peut réclamer pour rembourser un compte courant
- 31,4 %prélèvement forfaitaire unique sur les intérêts perçus par un associé personne physique
Compte courant d'associé : un prêt de l'associé à sa société
Pour financer sa trésorerie, une société peut augmenter son capital, emprunter à une banque ou recevoir des avances en compte courant. La fiche Entreprendre Service Public vérifiée le 3 juillet 2026 le qualifie ainsi : « Le compte courant d'associé s'analyse en un prêt qui donne à l'associé ou au dirigeant prêteur la qualité de créancier social. » Rémunération, durée et remboursement se fixent dans les statuts ou dans une convention de compte courant signée entre la société et l'associé.
Peuvent faire ces avances les associés et actionnaires personnes physiques, quel que soit le nombre de parts sociales, et les dirigeants : gérant, président de SAS, directeur général, administrateur. Le compte s'alimente par la rémunération du dirigeant, par des dividendes ou des remboursements de frais non perçus, ou par des sommes déposées volontairement. Ces avances sont inscrites au passif du bilan. La fiche le précise : « Il n'y a pas de compte courant d'associé dans une entreprise individuelle. »
Compte débiteur : interdit au gérant et à l'associé de SARL
Un compte courant débiteur signifie que l'associé doit de l'argent à la société. Il est interdit aux dirigeants et associés personnes physiques d'une SARL, ainsi qu'aux administrateurs et directeurs généraux d'une SA et d'une SAS, en application des articles L223-21 et L227-12 du code de commerce. Une société associée, en revanche, peut avoir un compte courant débiteur, et les associés personnes physiques d'une SCI ou d'une Scop aussi.
Intérêts : le taux de référence plafonne la déduction
Un associé personne physique peut renoncer aux intérêts. Une société associée qui avance des fonds sans contrepartie risque, elle, la qualification d'acte anormal de gestion. Les intérêts versés sont des charges financières déductibles, dans la limite du taux de référence, qui dépend de la date de clôture de l'exercice : la part d'intérêts au-dessus de ce taux n'est pas déductible. La déduction suppose aussi que le capital social soit intégralement libéré, et chaque compte s'examine séparément, sans compensation.
Exemple de calcul, établi par nos soins à partir du tableau : une avance de 20 000 € rémunérée à 5 % dans une société qui clôture au 31 décembre, dans la tranche à 4,55 %, rapporte 1 000 € d'intérêts à l'associé. La société en déduit 910 € ; les 90 € restants ne sont pas déductibles.
| Clôture de l'exercice de 12 mois | Taux de référence |
|---|---|
| du 31 mai au 29 juin 2025 | 5,32 % |
| du 31 décembre au 30 janvier 2026 | 4,55 % |
| du 31 mars au 29 avril 2026 | 4,39 % |
| du 31 mai au 29 juin 2026 | 4,34 % |
| du 30 juin au 30 juillet 2026 | 4,33 % |
| du 31 août au 29 septembre 2026 | 4,33 % |
Remboursement : à tout moment, sauf blocage
Sans précision dans les statuts ou la convention, la créance de l'associé est remboursable à tout moment. La société ne peut pas refuser le remboursement, même en raison de difficultés financières, ni le limiter à ce que sa trésorerie supporte. L'associé peut aussi renoncer à son droit au remboursement, ou accepter un blocage, décidé à l'unanimité des associés ou par une convention : « Elle sert ainsi de garantie à l'occasion de l'octroi de crédits par un établissement bancaire. »
La fiche contient un écart, publié tel quel : elle écrit d'abord que la société « dispose d'un délai de 5 ans à compter de la demande pour rembourser la créance », puis que les délais de paiement qu'elle peut réclamer sont « limités à 2 ans », en renvoyant à l'article 1343-5 du code civil.
Procédure collective : l'associé passe après les créanciers privilégiés
Après l'ouverture d'une sauvegarde, d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire, la société n'a plus le droit de rembourser un compte courant. L'associé déclare sa créance auprès du mandataire ou du liquidateur judiciaire, comme tout créancier, et il est remboursé après les créanciers privilégiés, si les finances de la société le permettent. C'est le risque d'une avance faite pour passer un mauvais trimestre sur un chantier.
Déclaration et impôt de l'associé
La société qui reçoit des avances dépose chaque année une déclaration de contrat de prêt, cerfa n° 10142, au plus tard à la date de dépôt de sa déclaration de résultat. Chez l'associé personne physique, les intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers, imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou, sur option, au barème de l'impôt sur le revenu. Une société associée soumise à l'impôt sur les sociétés les compte dans ses produits financiers.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite ni de l'augmentation de capital ni du prêt bancaire, et le taux de référence d'un exercice clos après le 29 septembre 2026 n'était pas publié dans la fiche lue. Un artisan en entreprise individuelle, sans compte courant, a d'autres règles : voir notre page sur le patrimoine de l'entrepreneur individuel et notre guide du compte pro de l'artisan. Fiche lue le 15 septembre 2026.
Questions fréquentes
Un artisan en entreprise individuelle peut-il avoir un compte courant d'associé ?
Non. La fiche Service Public vérifiée le 3 juillet 2026 précise qu'il n'y a pas de compte courant d'associé dans une entreprise individuelle : il suppose une société.
Quel taux d'intérêt est déductible en 2026 ?
Il dépend de la clôture de l'exercice : 4,55 % pour une clôture du 31 décembre au 30 janvier 2026, 4,33 % du 30 juin au 29 septembre 2026. La part d'intérêts au-dessus n'est pas déductible.
La société peut-elle refuser de rembourser l'associé ?
Non, même en difficulté, sauf blocage accepté. Elle peut réclamer des délais de paiement, limités à 2 ans. Après l'ouverture d'une procédure collective, elle n'a plus le droit de rembourser.
Faut-il déclarer les avances en compte courant ?
Oui : la société dépose chaque année la déclaration de contrat de prêt, cerfa n° 10142, au plus tard avec sa déclaration de résultat.
Comment sont imposés les intérêts reçus par l'associé ?
Pour un associé personne physique, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Compte courant d'associé : fonctionnement et fiscalité (vérifiée le 3 juillet 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026