
QuestionRelu par Hugo Berton
Allégations environnementales : ce que la directive 2024/825 interdit
Allégations environnementales : « écologique », « neutre pour le climat », labels, ce que la directive 2024/825 interdit à compter du 27 septembre 2026.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
La directive (UE) 2024/825 ajoute des allégations environnementales à la liste des pratiques commerciales déloyales interdites en toutes circonstances. Un professionnel ne peut plus afficher un label de développement durable sans système de certification ni autorité publique, présenter « écologique » ou « respectueux de l'environnement » sans performance environnementale excellente reconnue, ni se dire neutre pour le climat en s'appuyant sur la compensation. Les États membres appliquent ces règles à partir du 27 septembre 2026, selon le texte lu sur EUR-Lex le 14 septembre 2026.
- 27 septembre 2026date à partir de laquelle les États membres appliquent les dispositions de la directive (UE) 2024/825
- 27 mars 2026date limite fixée aux États membres pour adopter et publier les dispositions nationales
Allégations environnementales : ce que la directive change
La directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024, lue sur EUR-Lex en version française le 14 septembre 2026, modifie la directive sur les pratiques commerciales déloyales et celle sur les droits des consommateurs. Elle vise les messages qu'un professionnel adresse aux consommateurs, donc le site, la fiche, le devis, le véhicule floqué ou la publicité d'un artisan.
La définition est large : une allégation environnementale est « tout message ou toute déclaration non obligatoire en vertu du droit de l'Union ou du droit national, sous quelque forme que ce soit », y compris un label, une marque, une dénomination sociale ou une dénomination de produit, dans une communication commerciale, qui affirme ou suggère une incidence positive ou nulle sur l'environnement, une moindre nocivité que les concurrents ou une amélioration dans le temps.
Elle est dite générique lorsqu'elle ne fait pas partie d'un label de développement durable et que sa spécification n'est pas fournie « en des termes clairs et bien visibles sur le même support ». Pour le calendrier, les États membres adoptent leurs dispositions au plus tard le 27 mars 2026, et « Ils appliquent ces dispositions à partir du 27 septembre 2026. »
Cinq pratiques ajoutées à la liste noire
L'annexe I de la directive 2005/29/CE liste les pratiques réputées déloyales en toutes circonstances, sans examen au cas par cas. La directive 2024/825 y ajoute notamment : « Afficher un label de développement durable qui n'est pas fondé sur un système de certification ou qui n'a pas été mis en place par des autorités publiques. » Et : « Présenter une allégation environnementale concernant l'ensemble du produit ou de l'entreprise du professionnel, alors qu'elle ne concerne qu'un des aspects du produit ou une activité spécifique de l'entreprise du professionnel. »
Hors liste noire, l'article 6 rend trompeuse, après examen, une allégation sur des performances environnementales futures « sans engagements clairs, objectifs, accessibles au public et vérifiables inscrits dans un plan de mise en œuvre détaillé et réaliste », régulièrement vérifié par un tiers expert indépendant.
| Point de l'annexe I | Pratique interdite |
|---|---|
| 2 bis | afficher un label de développement durable sans système de certification ni mise en place par des autorités publiques |
| 4 bis | présenter une allégation environnementale générique sans pouvoir démontrer l'excellente performance environnementale reconnue correspondante |
| 4 ter | présenter comme valant pour tout le produit ou toute l'entreprise une allégation qui ne concerne qu'un aspect ou une activité |
| 4 quater | affirmer, sur la base de la compensation des émissions de gaz à effet de serre, qu'un produit a un impact neutre, réduit ou positif |
| 10 bis | présenter comme une caractéristique distinctive de l'offre des exigences imposées par la loi à tous les produits de la catégorie |
« Écologique », « vert », « biodégradable » : les exemples du texte
Le considérant 9 donne des exemples d'allégations génériques : « respectueux de l'environnement », « respectueux de la nature », « vert », « ami de la nature », « écologique », « bon pour l'environnement », « bon pour le climat », « favorable à l'environnement », « à faible intensité de carbone », « économe en énergie », « biodégradable », « biosourcé ». Elles sont interdites lorsque aucune performance environnementale excellente reconnue ne peut être démontrée.
La précision change tout : selon le même considérant, « emballage respectueux du climat » est générique, alors qu'indiquer que 100 % de l'énergie utilisée pour produire ces emballages provient de sources renouvelables est une allégation spécifique, hors de cette interdiction. La performance excellente reconnue se démontre notamment par le label écologique de l'UE ou un label EN ISO 14024 de type I officiellement reconnu. Et un professionnel ne devrait pas utiliser « durable » ou « responsable » en se fondant sur cette seule performance, dit le considérant 10.
Neutre pour le climat grâce à la compensation : interdit
Le considérant 12 cite les formules visées : « neutre pour le climat », « certifié neutre en CO2 », « bilan carbone positif », « zéro net pour le climat », « climatiquement compensé », « impact réduit sur le climat » et « empreinte CO2 limitée ». Ces allégations fondées sur la compensation doivent être interdites en toutes circonstances.
Le texte ne ferme pas toute communication sur le climat : de telles allégations ne devraient être autorisées que lorsqu'elles sont fondées sur les incidences réelles sur le cycle de vie du produit, et non sur la compensation d'émissions en dehors de sa chaîne de valeur.
Durabilité et réparabilité : les autres ajouts
La liste noire s'allonge aussi pour les biens : affirmer à tort qu'un bien présente une certaine durabilité dans des conditions normales d'utilisation, inciter le consommateur à remplacer des consommables avant que des raisons techniques ne le justifient, ou encore « Présenter un bien comme réparable alors qu'il ne l'est pas. »
Côté information précontractuelle, la directive sur les droits des consommateurs impose un rappel de la garantie légale de conformité des biens, dont sa durée minimale de deux ans, au moyen d'une notice harmonisée, et mentionne les options de livraison respectueuses de l'environnement le cas échéant.
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne traite pas des dispositions françaises de transposition, que nous n'avons pas lues, ni des sanctions prévues en droit national. Elle ne dit pas si un label ou une qualification donnée remplit les conditions d'un système de certification : pour la qualification elle-même, voir notre page sur le label RGE. Les mentions obligatoires sont sur notre page sur les documents commerciaux, et la construction du site sur notre page sur le site internet d'artisan. Texte lu sur EUR-Lex le 14 septembre 2026.
Questions fréquentes
Un artisan peut-il écrire « écologique » sur son site ?
La directive interdit une allégation environnementale générique comme « écologique » lorsque le professionnel ne peut pas démontrer une performance environnementale excellente reconnue ; une allégation précisée en termes clairs et bien visibles sur le même support n'est pas générique.
Peut-on se dire neutre en carbone grâce à la compensation ?
Non : affirmer, sur la base de la compensation des émissions de gaz à effet de serre, qu'un produit a un impact neutre, réduit ou positif est ajouté aux pratiques interdites en toutes circonstances.
À partir de quand ces règles s'appliquent-elles ?
La directive fixe au 27 mars 2026 la date limite d'adoption des dispositions nationales et au 27 septembre 2026 leur application.
Un nom d'entreprise peut-il être une allégation environnementale ?
La définition vise tout message ou symbole, y compris une marque, une dénomination sociale ou une dénomination de produit, dans une communication commerciale qui affirme ou suggère une incidence positive ou nulle sur l'environnement.
Peut-on afficher un label maison ?
Afficher un label de développement durable qui n'est pas fondé sur un système de certification ou qui n'a pas été mis en place par des autorités publiques est ajouté à la liste des pratiques interdites.
Sources consultées
- EUR-Lex — Directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024, pour donner aux consommateurs les moyens d'agir en faveur de la transition verte (lue le 14 septembre 2026)eur-lex.europa.eu · consulté le 14 septembre 2026