GuideRelu par Hugo Berton
Site internet d'artisan : faut-il en avoir un, et avec quoi le faire ?
Notre relevé sur 17 802 fiches d'artisans : qui a un site internet d'artisan, avec quel outil, et les erreurs qui font fuir un client.
Par Hugo Berton · · 8 min de lecture · relu le 12 septembre 2026
Liens partenaires. Si vous souscrivez par l'un d'eux, nous pouvons toucher une commission, sans surcoût pour vous ; elle ne change pas notre classement. Notre méthode
En bref
Oui : un site internet d'artisan reste utile, et la moitié des artisans du bâtiment n'en ont toujours pas, selon notre relevé du 5 et 6 septembre 2026 sur 17 802 fiches Google. Un site simple, à jour, avec une adresse e-mail visible, suffit dans la plupart des métiers. Le choix de l'outil dépend surtout de votre budget et de votre goût pour la maintenance, pas du métier lui-même.
Site internet d'artisan : ce que montre notre relevé
Notre relevé du 5 et 6 septembre 2026, mené sur 17 802 fiches Google d'entreprises du bâtiment en France, chiffre un problème précis : 31,4 % de ces fiches n'indiquent aucun site internet d'artisan. Un artisan sur trois est donc absent du web au-delà de sa fiche Google, ce qui laisse la fiche Google Maps et le bouche-à-oreille comme seuls points de contact. Le même relevé montre que 13,4 % des fiches ne sont même pas revendiquées par leur propriétaire, et que 8,6 % n'affichent aucune photo.
Sur ces mêmes fiches, la médiane est de 13 avis Google, et 44,3 % en comptent moins de dix. À comparer aux 56 162 entreprises des 28 métiers couverts par le même relevé, où la médiane grimpe à 35 avis. Le bâtiment part donc avec moins de preuve sociale visible que la moyenne des secteurs mesurés, ce qui rend un site et une fiche complète d'autant plus utiles pour rassurer un client qui hésite entre deux devis.
Pour un artisan qui se demande si un site vaut l'effort, ces chiffres donnent une réponse concrète : la concurrence directe, sur Google, est souvent absente ou incomplète. Un site correct, même simple, une fiche revendiquée et quelques photos suffisent déjà à sortir du lot dans un secteur où l'écart de départ est large.
Votre métier a-t-il vraiment besoin d'un site ?
Le besoin ne se pose pas de la même façon selon le métier. Notre relevé du 5 et 6 septembre 2026 mesure, fiche par fiche, la part d'entreprises sans aucun site : 49,3 % chez les maçons, 41,5 % chez les électriciens, 38,4 % chez les peintres, 33,2 % chez les plombiers. Ce sont les métiers où l'absence de site est la norme plutôt que l'exception.
À l'autre bout, les paysagistes (27,0 %), couvreurs (25,9 %), menuisiers (22,9 %), serruriers (21,5 %) et chauffagistes (19,8 %) sont déjà mieux équipés. Dans ces métiers, un site ne suffit plus à se différencier : il faut qu'il soit à jour et bien renseigné pour ne pas se fondre dans une offre déjà présente en ligne.
La règle qui tranche est simple : si votre métier affiche un taux d'absence de site supérieur à 30 % dans notre relevé, un site basique vous met déjà devant une bonne partie de la concurrence directe. En dessous de ce seuil, un site basique ne suffit plus ; la qualité et la mise à jour comptent davantage que la simple présence en ligne.
| Métier | Part sans aucun site |
|---|---|
| Maçons | 49,3 % |
| Électriciens | 41,5 % |
| Peintres | 38,4 % |
| Plombiers | 33,2 % |
| Paysagistes | 27,0 % |
| Couvreurs | 25,9 % |
| Menuisiers | 22,9 % |
| Serruriers | 21,5 % |
| Chauffagistes | 19,8 % |
Un site qui charge mal ou périmé : pire que pas de site
Avoir un site ne suffit pas s'il fonctionne mal. Sur les 10 421 sites d'artisans que notre robot a pu charger lors du relevé du 5 et 6 septembre 2026, 6,0 % n'ont pas de balise viewport, ce qui les rend mal adaptés à un affichage sur mobile. Et 3,8 % ne répondent même pas par un code 200 : la page est cassée, redirigée ou inaccessible au moment du passage du robot.
Le signe le plus visible d'abandon reste la date. Parmi les 5 503 sites qui affichent une année de copyright, 24,3 % s'arrêtent à 2023 ou avant. Un client qui tombe sur un pied de page daté de plusieurs années se demande si l'entreprise existe encore, ou si elle a simplement laissé son site tourner sans y revenir.
Pour un artisan qui a déjà un site, la priorité n'est donc pas forcément d'en changer, mais de vérifier trois points simples : l'affichage sur téléphone, le fait que la page se charge sans erreur, et la date affichée en pied de page. Ces trois vérifications prennent quelques minutes et évitent de perdre un client sur une impression de site abandonné.
Avec quel outil les artisans font leur site
Sur 8 519 sites d'artisans où notre relevé du 5 et 6 septembre 2026 a pu identifier l'outil utilisé, WordPress arrive largement en tête avec 61,4 %. Suivent Wix (8,1 %), une simple page Facebook (6,3 %), Solocal (5,7 %), Jimdo (1,4 %), Google Sites (1,3 %) et Linkeo (1,1 %).
Cette large avance de WordPress dans le bâtiment n'est pas un hasard : c'est l'outil que la majorité des artisans ont choisi, ce qui veut dire aussi qu'ils ont trouvé, à un moment, quelqu'un pour l'installer avec l'hébergement qui va avec. Le revers est qu'un site WordPress demande un hébergement à part, alors qu'une page Facebook ou un outil comme Wix intègrent l'hébergement d'office.
Une page Facebook, qui représente 6,3 % des sites recensés, reste un choix défendable pour un artisan qui travaille surtout au bouche-à-oreille et n'a pas besoin de plus qu'une adresse et des photos de chantiers. Elle ne remplace pas un site pour présenter des réalisations en détail, mais elle coûte moins de temps à tenir à jour.
Le choix entre ces outils dépend surtout de deux critères : la fréquence à laquelle vous voulez publier du contenu, et votre tolérance à la maintenance technique. Un artisan seul qui ne veut plus jamais toucher à son site après la mise en ligne a intérêt à limiter les pièces mobiles ; celui qui prévoit d'ajouter des chantiers régulièrement a plus à gagner avec un outil comme WordPress, à condition d'accepter l'hébergement et les mises à jour qui vont avec.
L'adresse e-mail visible, le détail qui fait fuir un client
Notre relevé du 5 et 6 septembre 2026 a aussi porté sur 831 sites d'artisans de la région PACA (plombiers, électriciens, couvreurs, peintres, maçons, serruriers, paysagistes) que notre robot a pu lire entièrement. Résultat : 338 d'entre eux, soit 40,7 %, n'affichent aucune adresse e-mail visible.
Une réserve de méthode compte ici : le robot cherche une adresse e-mail sur l'accueil, la page contact, les mentions légales, le pied de page et les liens mailto ; il ne détecte pas un formulaire de contact, qui est une façon parfaitement valable de se rendre joignable. Le chiffre dit « pas d'adresse visible », il ne dit pas « injoignable ».
Cela dit, un client pressé qui ne trouve ni adresse e-mail ni formulaire clair passe souvent au site suivant. Si votre site a un formulaire, vérifiez qu'il fonctionne réellement et qu'il est visible sans chercher. Si vous n'avez ni l'un ni l'autre, ajouter une adresse e-mail simple en pied de page est le correctif le plus rapide de cette page.
Fiche Google et hébergement : les deux bases avant le reste
Avant même de choisir un outil de site, deux bases gratuites se règlent en premier. La première est la fiche d'établissement Google : elle se crée ou se revendique gratuitement depuis business.google.com/add, ou en la recherchant directement dans Google Maps pour la revendiquer si elle existe déjà sans propriétaire, d'après la page d'aide Google sur l'ajout ou la revendication d'une fiche. Cette étape ne remplace pas un site, mais elle est gratuite et rapide.
Pour un site en WordPress, l'outil le plus utilisé selon notre relevé, l'hébergement est le deuxième poste à régler. Hostinger propose, d'après sa page tarifs consultée le 12 septembre 2026, un pack Premium à 2,99 € par mois sur un engagement de 48 mois (143,52 € au total, renouvelé ensuite à 9,99 € par mois), avec 3 sites, un nom de domaine gratuit la première année, 20 Go de stockage SSD et des sauvegardes hebdomadaires gratuites. Le détail des formules se trouve sur la page tarifs de Hostinger.
Le pack Unlimited monte à 3,99 € par mois sur la même durée d'engagement (191,52 € au total, renouvelé à 16,99 € par mois), avec un nombre illimité de sites et de boîtes mail, 50 Go de stockage NVMe et des sauvegardes quotidiennes. Le pack Cloud Startup, à 7,99 € par mois (383,52 € au total, renouvelé à 23,99 € par mois), vise plutôt les projets à fort trafic ou les agences, avec 100 Go de stockage NVMe et des sauvegardes à la demande. Hostinger annonce sur les trois formules une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours.
Pour un artisan seul avec un site vitrine simple, le pack Premium suffit largement : trois sites couvrent le besoin d'un artisan qui gère aussi, par exemple, une page pour un second métier ou une page de test. Le pack Unlimited ne se justifie que si vous prévoyez plusieurs sites actifs ou des boîtes mail en nombre. Si votre site tient sur une simple page Facebook ou sur Solocal, comme c'est le cas pour 6,3 % et 5,7 % des sites de notre relevé, cet hébergement ne vous concerne pas : ces outils incluent déjà leur propre hébergement.
Les erreurs à éviter avant de mettre votre site en ligne
Quatre erreurs reviennent dans les sites d'artisans que notre relevé a permis d'observer. La première est de laisser une fiche Google non revendiquée : 13,4 % des fiches du relevé du 5 et 6 septembre 2026 sont dans ce cas, ce qui veut dire que n'importe qui peut modifier des informations affichées sur votre entreprise sans que vous le sachiez.
La deuxième est un site qui ne s'affiche pas correctement sur téléphone, faute de balise viewport : 6,0 % des sites chargés par notre relevé sont concernés. Pour vérifier la vôtre, il suffit d'ouvrir votre site depuis un téléphone : si le texte est minuscule et qu'il faut zoomer pour lire, la balise manque probablement.
La troisième est un pied de page resté sur une vieille année : 24,3 % des sites qui affichent un copyright s'arrêtent à 2023 ou avant. La quatrième est l'absence de tout moyen de contact visible, e-mail ou formulaire : 40,7 % des sites de notre relevé PACA n'affichent pas d'adresse e-mail, avec la réserve que certains d'entre eux ont peut-être un formulaire que le robot ne détecte pas.
Corriger ces quatre points ne demande ni budget ni changement d'outil : revendiquer sa fiche, tester l'affichage mobile, mettre à jour la date en pied de page et vérifier qu'un moyen de contact est visible. C'est, dans l'ordre, ce qui rapporte le plus avant d'envisager de changer de site ou d'outil.
Questions fréquentes
Faut-il revendiquer sa fiche Google avant de faire un site ?
Les deux se font en parallèle, mais la fiche Google est gratuite et se règle en quelques minutes depuis business.google.com/add ou depuis Google Maps si la fiche existe déjà sans propriétaire. Notre relevé du 5 et 6 septembre 2026 montre que 13,4 % des fiches d'artisans ne sont pas revendiquées : régler ce point est la première étape, avant même de choisir un outil de site.
Une simple page Facebook peut-elle remplacer un site ?
Elle peut suffire pour un artisan qui vit surtout du bouche-à-oreille et n'a besoin que d'une adresse et de photos de chantiers. Notre relevé compte 6,3 % de sites d'artisans sous cette forme, loin derrière WordPress (61,4 %). Elle coûte moins de temps à tenir à jour, mais reste plus limitée pour présenter des chantiers en détail.
Le prix affiché par un hébergeur est-il le prix payé chaque mois ?
Non, pas toujours. Chez Hostinger par exemple, d'après sa page tarifs consultée le 12 septembre 2026, le pack Premium affiché à 2,99 € par mois correspond à un engagement de 48 mois payé d'avance ; le renouvellement se fait ensuite à 9,99 € par mois. Il faut lire la durée d'engagement, pas seulement le prix affiché en gros.
Mon site n'a pas de balise viewport : faut-il tout refaire ?
Pas forcément. La balise viewport se rajoute dans le code de la page sans changer le reste du site ; c'est une correction technique, pas une refonte. Notre relevé du 5 et 6 septembre 2026 en trouve l'absence sur 6,0 % des sites d'artisans chargés : un défaut fréquent, mais isolé plutôt qu'un signe qu'il faut tout recommencer.
Sources consultées
- Hébergement web pas cher et performant | Hostingerhostinger.com · consulté le 12 septembre 2026
- Ajouter ou revendiquer votre fiche d'établissement - Aide Fiche d'établissement Googlesupport.google.com · consulté le 12 septembre 2026